Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES)

Publié le par Mémoires de Guerre

La Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES), représentée sur le logotype officiel par la lettre grecque nu ‹ ν ›, est une coalition de partis politiques de la gauche française. Créée en amont de l'élection présidentielle française de 2022, sous le nom d'Union populaire (UP), pour soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon portée par La France insoumise, la formation est par la suite étendue sous la forme d'une coalition à laquelle participent le Pôle écologiste (comprenant notamment Europe Écologie Les Verts), le Parti communiste français et le Parti socialiste, afin de présenter des candidatures communes aux élections législatives de 2022. 

Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES)

Objectifs

Cette formation a pour objectif de regrouper les principales forces de gauche afin de présenter des candidatures communes pour les élections législatives de 2022. Les participants se réunissent autour de plusieurs marqueurs, dont :

  • la hausse du SMIC à 1 500 € net ;
  • le retour de la retraite à 60 ans ;
  • le blocage des prix sur les produits de première nécessité ;
  • la planification écologique ;
  • l'instauration d'une VIe République ;
  • une allocation d'autonomie pour les jeunes.

Cette coalition a l'ambition d'obtenir une majorité à l'Assemblée nationale afin d'imposer une cohabitation au président Emmanuel Macron, de faire nommer Jean-Luc Mélenchon comme Premier ministre. 

Programme partagé de gouvernement

Le jeudi 19 mai 2022, le Programme partagé de gouvernement de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale est publié et consultable en ligne. Il est constitué de six cent cinquante propositions6 réparties en huit chapitres :

  • progrès social, emplois et retraites ;
  • écologie, biodiversité, climat, biens communs et énergie ;
  • partage des richesses et justice fiscale ;
  • services publics : santé, éducation, culture, sport ;
  • sixième République et démocratie ;
  • sûreté et justice ;
  • égalité et lutte contre les discriminations ;
  • union européenne et international.

Les quatre formations sont d'accord sur 95% de ces mesures mais reconnaissent diverger sur 33 d'entre elles ; dans l'hypothèse d'une victoire de la gauche un débat parlementaire où chacun pourra exposer ses arguments aura lieu et c'est l'Assemblée qui tranchera. Le 9 juin, plus de 170 économistes, dont Thomas Piketty, Bernard Friot, Julia Cagé, Gabriel Zucman et Jacques Généreux, signent une tribune soutenant le programme économique de la NUPES. 

Composition

L'accord de coalition rassemble La France insoumise et ses alliés (dont Révolution écologique pour le vivant, la Gauche démocratique et sociale et le Parti ouvrier indépendant), le Pôle écologiste, incluant Europe Écologie Les Verts, Génération écologie, Génération.s et Les Nouveaux Démocrates, le Parti communiste français et le Parti socialiste. 

Composition de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale 

Bloc de La France insoumise

  • La France insoumise - LFI - Socialisme démocratique - Écosocialisme - Gauche radicale à extrême gauche - Adrien Quatennens
  • Parti de gauche - PG - Socialisme démocratique - Écosocialisme - Gauche radicale à extrême gauche - Jean-Christophe Sellin- Hélène Le Cacheux
  • Ensemble ! - E! - Écosocialisme - Gauche radicale - Clémentine Autain - Myriam Martin
  • Rézistan's Égalité 974 - RE974 - Socialisme démocratique - Régionalisme - Gauche radicale à gauche - Jean-Hugues Ratenon
  • Parti ouvrier indépendant - POI - Communisme - Extrême gauche - Direction collective
  • Révolution écologique pour le vivant - REV - Écosocialisme - Antispécisme - Gauche radicale - Aymeric Caron
  •  Gauche démocratique et sociale - GDS - Écosocialisme - Gauche - Gérard Filoche

Bloc du Pôle écologiste

  • Europe Écologie Les Verts - EELV - Écologie politique - Gauche radicale à centre-gauche - Julien Bayou
  • Génération.s - G·s - Socialisme démocratique - Écologie politique - Gauche - Sophie Taillé-Polian - Benjamin Lucas
  • Génération écologie - GE - Écologie politique - Gauche - Delphine Batho
  • Les Nouveaux Démocrates - LND - Social-démocratie - Écologie politique - Centre gauche à gauche - Émilie Cariou - Aurélien Taché
  • Parti communiste français - PCF - Communisme - Gauche radicale - Fabien Roussel - Péyi-A - Péyi-A - Indépendantisme - Gauche - Jean-Philippe Nilor - Marcelin Nadeau
  • Pour La Réunion - PLR - Socialisme démocratique - Gauche - Huguette Bello - Tavini huiraatira - Tavini - Indépendantisme - Gauche à centre gauche - Oscar Temaru

Bloc du groupe socialistes et apparentés

  • Parti socialiste - PS - Social-démocratie - Gauche à centre gauche - Olivier Faure

Bloc de la Gauche démocrate et républicaine

  • Parti communiste français - PCF - Communisme - Gauche radicale - Fabien Roussel
  • Péyi-A - Péyi-A - Indépendantisme - Gauche - Jean-Philippe Nilor - Marcelin Nadeau
  • Pour La Réunion - PLR - Socialisme démocratique - Gauche - Huguette Bello
  • Tavini huiraatira - Tavini - Indépendantisme - Gauche à centre gauche - Oscar Temaru

Bloc du groupe socialistes et apparentés

  • Parti socialiste - PS - Social-démocratie - Gauche à centre gauche - Olivier Faure

Symbole

Le samedi 7 mai 2022, lors de sa première convention, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale adopte officiellement la lettre grecque ν (nu, [nu]) comme symbole après l'avoir utilisé massivement la veille sur les médias sociaux. Ce choix est motivé par une ressemblance visuelle avec le V de la victoire et une proximité sonore avec les deux premières initiales de la NUPES. 

Élections législatives de 2022

Forte du score de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, La France insoumise a pu s'attribuer la majorité des circonscriptions. En dehors de l’accord, les partis de gauche réunionnais (La France insoumise, Parti socialiste, Pour La Réunion, Rézistan’s Égalité 974, Europe Écologie Les Verts, Le Progrès) décident de se rassembler et de présenter des candidatures uniques à la manière de NUPES sur les sept circonscriptions de La Réunion, sous la bannière du « Rassemblement réunionnais ». Trois binômes sur les sept sont constitués d'un titulaire et d'un remplaçant issus de partis différents. 

Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES)

Historique

Débuts

Logo de l'Union populaire lors de la campagne de La France insoumise pour l'élection présidentielle de 2022. En octobre 2021, en vue de l'élection présidentielle française de 2022, Jean-Luc Mélenchon lance un nouveau mouvement, l'Union populaire. Dans le cadre des élections législatives de 2022, La France insoumise — force de gauche majoritaire de l'élection présidentielle — cherche à rassembler les principaux partis de gauche autour de la bannière de l'Union populaire. Des discussions sont notamment engagées avec Europe Écologie Les Verts, le Parti communiste français, le Parti socialiste. Le Nouveau Parti anticapitaliste annonce ne pas être parvenu à un accord mais soutenir les candidats qui seront « en rupture avec la politique libérale ». Cette coalition rappelle celle du Programme commun adoptée en 1972, ou celle du Front populaire établie en 1936, même si la création et l’organisation de ce-dernier étaient bien différents de la NUPES. 

Accords de coalition

Pôle écologiste

Le jeudi 28 avril, Génération.s (membre du Pôle écologiste) et La France insoumise annoncent avoir trouvé un accord dans un communiqué commun. De son côté, en vue d'un accord de coalition, Europe Écologie Les Verts (EÉLV) propose le remplacement de la dénomination Union populaire par celle d'« Union populaire et écologiste » ou celle de « Front populaire écologiste et social ». Dans la nuit du 1er au 2 mai, un accord est conclu avec Europe Écologie Les Verts, sous la bannière commune de la « Nouvelle union populaire écologique et sociale ». Le Mouvement des progressistes est le seul organe du Pôle écologiste à refuser l'alliance. L'accord prévoit cent circonscriptions sur cinq cent soixante-dix-sept pour le Pôle écologiste, dont environ trente considérées comme gagnables. EÉLV visait les circonscriptions des villes gagnées aux municipales de 2020. Ils obtiennent celles de Bordeaux, de Strasbourg et de Lyon, ainsi que les troisième, cinquième, huitième et neuvième circonscriptions de Paris. 

Parti communiste français

Le 3 mai 2022, le Parti communiste français (PCF) annonce rejoindre la Nouvelle Union populaire écologique et sociale, après validation de l'accord par le conseil national du parti avec 120 voix pour, 25 contre et 13 abstentions. La France insoumise et le PCF publient un communiqué commun exposant un programme dans lequel, aux objectifs fixés par LFI et EELV, s'ajoutent des propositions des communistes comme la « renationalisation d'EDF, d'Engie, des autoroutes, des aéroports » ou la lutte contre l'évasion fiscale. La question du nucléaire n'est pas évoquée, celle-ci pouvant faire l'objet de débats à l'Assemblée nationale. Le PCF présentera des candidats dans cinquante-quatre circonscriptions, dont les onze de ses députés sortants et cinq autres jugées gagnables (Vierzon, Dax, Creil Nogent, Denain, Lens Avion). 

Parti socialiste

Après avoir été initialement écarté des pourparlers avec La France insoumise, le Parti socialiste rejoint les négociations le 27 avril. Pierre Jouvet, négociateur pour le Parti socialiste explique : « On ne va pas régler tous les points en l'espace de quelques heures, alors que depuis dix ans on ne se parlait plus ». Manuel Bompard, négociateur pour La France insoumise, explique quant à lui que les négociations sont longues et difficiles« sur le fond et sur les circonscriptions ». Le 4 mai, le Parti socialiste et La France insoumise annoncent avoir trouvé un accord sur une liste de soixante-dix circonscriptions de métropole et des Français de l’étranger (les circonscriptions corses et d'outre-mer n'étant pas inclues dans l'accord) qui sera soumise à la validation du conseil national. Les deux partis publient un communiqué commun. Il présente la liste des objectifs et points d'accord et détaille aussi (dans un long quatrième point) les divergences et convergences quant aux questions européennes et internationales — ce point étant un des points sur lesquels les divergences étaient les plus fortes. Dans la nuit du 5 au 6 mai, l'accord est approuvé par le conseil national du parti à 167 voix pour (62 %), 101 contre (38 %) et 23 abstentions. Au cours des débats du conseil national, de nombreux cadres du parti s'expriment en faveur de l'accord. 

Laurent Baumel, qui était parmi les négociateurs, invoque le sens de l’histoire : « Allons-nous redevenir le grand PS d’autrefois ? Celui que le gens aimaient ? Aucun d’entre nous n’a adhéré au PS pour appartenir à un groupuscule. À travers ce vote, nous avons le choix entre la fin d’une histoire et le début d’une histoire. » Olivier Faure, premier secrétaire, explique que « Ce vote dit à quel espace politique nous appartenons. Il y a un doute dans l’opinion publique qui s’exprimait de manière régulière depuis cinq ans […] Les Français nous ont abandonnés parce qu'ils pensaient que nous n'avions plus rien à changer ». À l'inverse, certaines personnalités, minoritaires, font part de leur dissidence : Hélène Geoffroy fustige l'accord qui, selon elle, n'apporterait pas plus de députés socialistes que sans accord et déplore la nécessité de repentance formulée selon elle par LFI à l'égard du PS. Le dissident François Kalfon tente de faire applaudir le fait que Bernard Cazeneuve a quitté le parti, en s'interrogeant du sort qui est réservé à Carole Delga, qui compte présenter des candidatures dissidentes en Occitanie. Patrick Mennucci demande à ce que les adhérents soient consultés au sein d'une convention, en déposant une motion, laquelle est rejetée. 

Refus de la coalition

Certains partis ont refusé de rejoindre la coalition Nouvelle Union populaire écologique et sociale.

Lutte ouvrière

Le 28 avril 2022, le parti trotskiste Lutte ouvrière (LO) fait savoir qu'il n'entend pas « cautionner » la démarche initiée par La France insoumise, assimilée à « une opération de rafistolage du réformisme » de gauche. Se voulant « totalement indépendant des directions réformistes », le parti s'oppose à tout projet de gouvernement et dénonce « le piège du système politique bourgeois qui consiste à substituer le combat électoral au combat de classe. » 

Parti radical de gauche

Le 2 mai, le Parti radical de gauche (PRG) annonce son refus de s'associer aux négociations en cours, après un vote interne à 90,5 % en faveur de candidatures indépendantes pour les élections législatives. Le PRG évoque des désaccords « considérables » avec La France insoumise, notamment en ce qui concerne la sortie du nucléaire et la désobéissance aux traités européens. Le parti dit préférer son « indépendance » et ses « valeurs » à « des arrangements » et des « reniements profonds », quitte à mettre son avenir « en danger ». 

Nouveau Parti anticapitaliste

Le 5 mai, après plusieurs jours de négociations, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) annonce qu'il ne rejoindra pas la coalition. Le NPA estime ne pas pouvoir signer « un tel accord incluant le Parti socialiste ». Le NPA, qui avait estimé « important de participer à cette dynamique d'union », évoque des discussions qui lui ont permis de trouver des accords sur certaines mesures, mais déplore qu'au « fur et à mesure des discussions avec les autres forces politiques, l'équilibre politique de la coalition s'est modifié progressivement, atténuant le caractère de rupture avec les politiques libérales qui faisait sa force ». 

Fédération de la Gauche républicaine

Le 29 avril 2022, la Gauche républicaine et socialiste (GRS), le Mouvement républicain et citoyen (MRC), L'Engagement, Les Radicaux de gauche (LRG), scission du PRG et la Nouvelle Gauche socialiste (NGS) annoncent former une coalition autour de la « Fédération de la Gauche républicaine », indépendante de la NUPES. Cependant, L'Engagement a quitté la coalition peu de temps après. Le 20 mai, la Fédération de la gauche républicaine annonce présenter des candidats dans plus d'une centaine de circonscriptions sous ses couleurs. 

Lancement de la coalition et campagne électorale

Une fois les accords entre les différents mouvement membres conclus, une Convention est organisée le 7 mai 2022 à Aubervilliers pour officialiser la création de la NUPES. Devant plusieurs milliers de personnes, des figures majeures des différents partis prennent la parole dans une ambiance enthousiaste, Olivier Faure, qui craignait un accueil hostile, apparaissant notamment ému lorsque le public salue son arrivée sur scène par une ovation. Plusieurs candidats aux législatives peuvent ensuite s'exprimer. Rachel Kéké, meneuse de la grève des femmes de chambres de l'hôtel Ibis Batignolles ayant rejoint l'Union populaire, réalise l'intervention la plus acclamée en évoquant la situation des travailleurs essentiels et l'importance de les défendre à l'Assemblée. La cérémonie est conclue par un discours de Jean-Luc Mélenchon où celui ci souligne le caractère inédit d'un tel accord électoral entre les forces de gauche, insiste sur le rejet de la proposition de passage de l'âge de la retraite à 65 ans porté par Emmanuel Macron, et affirme la possibilité « d’écrire une page de l’histoire politique de la France ».

Résultats des élections législatives

La NUPES devient la principale force d'opposition avec sièges, empêchant notamment à Emmanuel Macron de disposer d'une majorité absolue, mais ne réussit pas le pari de lui imposer la cohabitation. Son avenir à moyen terme est incertain. La coalition de la gauche permet néanmoins à chacun des quatre partis de la coalition de constituer leur propre groupe avec l'appui de députés d'outre-mer pour le Parti communiste. À l'issue des élections, Jean-Luc Mélenchon propose le lundi 20 juin, que tous les députés élus sous l’étiquette NUPES constituent un seul et même groupe parlementaire. Le Parti socialiste, Europe Ecologie-Les Verts et le Parti communiste français refusent et s'en tiennent à l'accord initial de constituer des groupes indépendants. La présidence de la commission des Finances à l'Assemblée nationale, qui doit revenir constitutionnellement au groupe le plus important de l'opposition (et non à la coalition d'opposition la plus importante), pourrait dans ce cas revenir au Rassemblement national, avec 89 députés. 

Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES)

Réactions dans le monde politique

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À gauche

Place publique

Raphaël Glucksmann annonce son soutien à cette union de la gauche, avançant qu'il veut à tout prix éviter une prolifération des candidatures RN à l'Assemblée Nationale et l'opposition RN - LREM. Il précise qu'il possède des désaccords « immenses » sur des sujets « plus qu'essentiels » avec LFI, mais fera « tout pour que le maximum de voix solidaires, humanistes et écologistes puissent se faire entendre dès cet été à l’Assemblée », bien qu'il ne « chanter[a] pas “Mélenchon premier ministre” chaque matin ».

Nouvelle Donne

Le 20 mai, ND a retiré tous ses candidats et déclaré son soutien à la NUPES. 

Au sein du Parti socialiste

Approbations

Le vice-président de l'Association des maires de France (AMF), André Laignel, encourage une union entre le Parti socialiste et les autres forces de gauche, signalant qu'« il est clair que si la gauche n'est pas unie, elle va à la défaite », mais nuançant le fait que les partis traditionnels (PS et EELV) représentent un plus grand ancrage local que le présupposent leurs scores respectifs à l'élection présidentielle de 2022. Ségolène Royal, s'est dite favorable à cette démarche d'union, ayant déjà reconnu l'hégémonie de LFI à gauche, elle avait reproché la désunion de la gauche au moment de la présidentielle, arguant qu'il s'agissait d'un « manque de responsabilité ». Elle avait d'ailleurs appelé à voter utile pour Jean-Luc Mélenchon. Lionel Jospin se positionne en faveur de l'accord mais souhaite l'investiture dans la 15e circonscription de Paris de la députée socialiste sortante Lamia El Aaraje. Stéphane Troussel condamne fermement la désunion et appelle à l'accord : ne pas trouver d'accord serait selon lui un « contresens ».

De nombreux maires réclament et soutiennent également cette démarche d'union160. Johanna Rolland protestait contre l'échec de la gauche — et donc de LFI — à la présidentielle, du fait de l'échec d'union de sa famille politique. Sept maires socialistes de grandes villes publient une tribune, exprimant être favorables à une union tout en réaffirmant un « attachement profond à l'idée et à la construction européennes » : Nathalie Appéré ; Benoît Payan ; Olivier Bianchi ; Mathieu Klein ; Nicolas Mayer-Rossignol ; Cédric Van Styvendael et Benoît Arrivé (Cherbourg-en-Cotentin). Martine Aubry « appelle les socialistes à valider cette proposition d'accord », tout en notant qu'il « ne correspond pourtant pas en tout point à [ses] convictions profondes »163. Ce soutien à l'union va à l'encontre des positions de multiples ténors et figures historiques du parti. De nombreuses personnalités approuvent l'union lors du Conseil national du Parti socialiste, notamment Corinne Narassiguin, Laurence Rossignol ou Christophe Clergeau.

Désapprobations

Actuellement[Quand ?], les désapprobations et dissensions sont minoritaires, selon Le Monde, et sont le fait de personnalités politiques de courants plus anciens du Parti socialiste (PS), notamment d'anciens proches de François Hollande, couramment appelés les « Éléphants du Parti socialiste » ; il y a aussi la ligne de centre-gauche, portée par un certain succès régional face à LFI et représentée par Carole Delga et Anne Hidalgo, selon le journal de référence Le Monde. Ces dissensions sont souvent appelées par la presse les « nouveaux frondeurs », selon Sud-Ouest ainsi que Libération, presse de référence. C'est d'ailleurs une expression reprise par Stéphane Le Foll lui-même. Lors du début des négociations avec le PS, François Hollande évoque le risque de l'« effacement » de son parti. Il juge que l'accord est « inacceptable » et qu'il « met en cause des principes mêmes qui sont des fondements de l'engagement socialiste ».

Jean-Luc Mélenchon lui répond en disant que l'ancien président est « totalement has been » et ajoute qu'« alors que le train de l'histoire passe, il reste à quai »0. S'adressant à François Hollande dans une émission où il est invité, Patrick Cohen conteste point par point son analyse en rappelant que le parti socialiste a dans son histoire, sous François Mitterrand ou Lionel Jospin, promu une ligne de rupture et assumé une contestation des traités européens, concluant que la Nupes « ne rompt pas avec la tradition du PS [...] mais tourne le dos au quinquennat de François Hollande ». Le journal La Lettre A révèle que la maire de Paris Anne Hidalgo chercherait à écarter l'union aux élections législatives avec LFI, en constituant une union avec les partis de sa majorité municipale, c'est-à-dire avec le PS, EÉLV et le PCF au sein des circonscriptions de Paris. Bernard Cazeneuve annonce qu'il quittera le PS en cas d'accord avec LFI. À la suite de l'accord entre le PS et LFI, il annonce quitter le Parti socialiste. Stéphane Le Foll déclare dans Les 4 Vérités sur France 2 que si le PS « continue à être ce qu'il est aujourd'hui, je partirai ». Il ne croit pas à une victoire d'une union de la gauche lors des législatives de 2022 : pour lui, « c'est une fable, c'est un leurre. » Stéphane Le Foll considère qu'en négociant avec LFI, le PS « tourne le dos à toute son histoire ». 

Sympathisants de gauche

D'après un sondage commandé par BFM TV à Elabe, 84% des sympathisants de gauche sont favorables à cette alliance. 

Réactions de membres de la majorité présidentielle

De son côté, François Bayrou considère que cet accord est « un événement extrêmement triste ». Il pointe notamment du doigt le principe de désobéissance à l'Union européenne envisagé dans l'accord, qui conduirait selon lui à « la fin de l'Europe », et la volonté de Jean-Luc Mélenchon de sortir de l'OTAN. Les députés LREM n'ont pas manqué de critiquer cette alliance à gauche, notamment Sacha Houlié ou encore Aurore Bergé. Selon le quotidien Les Échos, les membres de LREM cherchent à décrédibiliser l'union en mettant en avant l'hétérogénéité de leurs positions idéologiques. Tout en espérant que LFI, leader de l'union, serve de repoussoir pour les électeurs pro-européens qui pourraient alors se mobiliser pour LREM, ils regrettent tout de même cette union, estimant qu'elle est « une puissance de premier tour indéniable » et rappelant qu'en 2017 ils avaient bénéficié de la désunion de la gauche dans certaines circonscriptions. 

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