Balbo Italo

Publié le par Roger Cousin

Italo Balbo nait à Quartesana, hameau de la commune de Ferrare, le 6 juin 1896, fils de Camillo Balbo et de Malvina Zuffi, tous deux professeurs élémentaires. Le père est d'origine piémontais, alors que sa mère est romagnole. C'est une famille bourgeoise où règne le respect absolu pour la monarchie et pour l'armée.

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Après la naissance, la famille habite à Ferrare. Le jeune Balbo participe activement aux discussions politiques qui se tiennent dans le café Milano, siège des disputes dialectiques entre monarchistes et républicains. En famille, les contrastes s'accentuent parce que Balbo, fervent républicain affronte l'idéologie de son père. En 1911, Il s'enfuit de la maison pour se joindre à l'expédition militaire organisée par Ricciotti Garibaldi qui doit libérer l'Albanie du contrôle de la Turquie . Il ne réussit pas à participer à l'expédition, bloqué par la police que son père a prévenu. En 1914, il participe à une manifestation interventionniste à Milan, où il rencontre Benito Mussolini. Balbo deviend garde du corps de Cesare Battisti durant les réunions tenus en faveur de l'intervention dans la guerre.

Pendant la Première Guerre mondiale, il est affecté au 8ième régiment alpin. Promu sous-lieutenant, le 16 octobre 1917, il quitte le bataillon parce qu'il se destine, à sa demande au dépôt aéronautique de Turin pour un cours de pilotage, sa grande passion. Peu de jour avant, à cause d'une offensive austro-allemande, il est obligé de retourner au front. En 1918, au commandement de l'unité d'assaut du bataillon Pieve di Cadore, il participe à l'offensive sur le Monte Grappa qui libère la ville de Feltre. Grâce à ces actions militaires, il est nommé capitaine et il obtient une médaille de bronze et deux d'argent. Après la guerre, il étudie à Florence, où il obtient un diplôme en sciences sociales, et il retourne dans sa ville pour travailler comme employé de banque.

Après une jeunesse aux idées républicaines de Mazzini et la fréquentation de la loge maçonnique « Jérôme Savonarole » de Ferrare, Balbo, après la guerre, adhère au fascisme et il devient rapidement secrétaire de la fédération fasciste de Ferrare. Il commence à organiser des bandes de squadristi et il forme son propre groupe surnommé «Celibano», comme sa boisson préférée. Pour le compte des propriétaires terriens, son groupe s'oppose, par des expéditions punitives entre autres, aux grèves des communistes, des socialistes et des organisations paysannes de Portomaggiore, Ravenne, Modène et Bologne. Le groupe se permet même de saccager le château des Este à Ferrare.

En août 1922, il est présent à Parme sur ordre de Benito Mussolini en remplacement de Roberto Farinacci pour contrer les Arditi del Popolo, ce sera un échec. En octobre 1922, il fait partie du «quadrumviri» lors de la marche sur Rome, avec Emilio De Bono, Cesare Maria De Vecchi et Michele Bianchi. En 1923, il est accusé d'être complice dans l'homicide d'un prêtre antifasciste, Don Giovanni Minzoni, à Argenta mais il est acquitté de toutes les accusations. (Le procès fut rejugé en 1947 et la Cour d'assises de Ferrare l'acquittera de nouveau). En 1924 il devient commandant général de la milice des volontaires pour la sécurité nationale et sous-secrétaire à l'économie nationale en 1925. Le 6 novembre 1926, il est nommé secrétaire d'État de l'aviation et il organise l'aéronautique royale (Regia Aeronautica). Le 19 août 1928, il devient maréchal des forces aériennes et le 12 septembre 1929, à seulement 33 ans alors plus jeune ministre européen, ministre de l'Aviation. Balbo réalise deux vols transatlantiques, le premier se déroule du 17 décembre 1930 au 15 janvier 1931, avec douze hydravions Savoia-Marchetti S.55A partis de Orbetello pour Rio de Janeiro, au Brésil.

Du 1er juillet au 12 août 1933, il conduit la traversée de 25 hydravions dans un vol aller-retour de Rome à Chicago; la traversée aborde le continent américain par Cartwright au Canada, puis Montréal et enfin Chicago, où se tenait l'Exposition universelle « Century of Progress ». Le gouverneur de l'Illinois, le maire et la ville réservent aux aviateurs un accueil triomphal, on donne le nom de Balbo à une rue qui existe encore à proximité du lac Michigan, la Balbo avenue (ex-7th avenue). Les Sioux présents à l'Exposition de Chicago le nomme chef indien avec le nom de «chef des aigles volants». A cette époque les rapports entre l'Italie et les États-Unis sont cordiaux et une entreprise de ce type était très suivie et considérée comme extraordinaire.

Le vol de retour passe par New York où est organisée en leur honneur une grande ticker-tape parade, second Italien après Armando Diaz à être acclamé dans les rues de New York où une des avenues est rebaptisée Balbo. Le président Roosevelt le reçoit comme invité. De retour en Italie, il est nommé maréchal de l'Air. Après cet épisode, le mot balbo devient d'usage commun pour décrire une quelconque formation de groupe d'avions. Plus tard la même année, Mussolini enlève au nouveau maréchal de l'Air la charge de ministre de l'Aéronautique et l'exclut du gouvernement, il lui confie la charge de gouverneur général de la Libye où il se rend en janvier 1934. Au moment même où il est au faîte de sa popularité, Balbo s'attire inimitiés et jalousies au sein du parti en raison de son comportement individueliste. En Libye, il mène à bien des ouvrages publics et réalise la construction de réseaux routiers, en particulier la route littorale de plusieurs centaines de kilomètres. Celle-ci sera nommée en son honneur la via Balbia. Il cherche à attirer des colons italiens et il suit une politique d'intégration et de pacification des populations musulmanes.

Après l'invasion allemande de la Pologne en septembre 1939, Balbo, en visite à Rome, exprime de manière répétée son mécontentement et sa préoccupation concernant l'alliance avec l'Allemagne et la politique de Mussolini tant sur le plan interne qu'international. Du reste, ses dissensions avec le Duce ne cessaient de croître depuis 1938, quand en plusieurs occasions il avait manifesté son opposition aux lois raciales. Le 28 juin 1940, Italo Balbo est tué alors qu'il est de retour d'un vol de reconnaissance sur Tobrouk, son avion (un S.M.79) est abattu par un canon antiaérien italien. Le jour suivant, le bulletin des forces armées donne le compte rendu suivant : Le jour 28, volant dans le ciel de Tobrouk, durant une action de bombardement ennemi, l'appareil piloté par Italo Balbo est précipité en flamme. Italo Balbo et les membres de l'équipage ont péri. Le drapeau des Forces Armées d'Italie s'incline en signe d'hommage et de haut honneur à la mémoire d'Italo Balbo, volontaire alpin lors de la guerre mondiale, Quadrumviro de la Révolution, aviateur de l'Océan, Maréchal de l'Air tombé au poste combat.

L'équipage se composait d'Ottavio Frailich, Enrico Caretti, Lino Balbo, Claudio Brunelli, Nello Quilici, Gino Cappannini, Cino Florio et Giuseppe Berti. Le jour suivant, un avion anglais parachute sur le camp italien un billet au nom de l'armée anglaise : Les forces britanniques expriment leurs plus sincères regrets pour la mort du Maréchal de l'Air Italo Balbo, un grand condottiere et un valeureux aviateur que je connaissais personnellement et que le destin a mis dans le camp adverse... Air Officer-Commander-in-Chief British Royal Air Force...Sir Arthur Laymore. Le gouvernement de Rome soutint que l'incident était dû à un tir ami, mais la veuve de Balbo, Emanuela Florio, dénonça un assassinat intentionnel par Mussolini. Cependant, le fait que le port de Tobrouk ait été bombardé par les Anglais quelques minutes plus tôt indique que la première hypothèse est tout à fait réaliste, l'avion ayant ainsi été abattu par des servants de DCA rendus nerveux. Benito Mussolini, lors des jours sombres de la République Sociale Italienne dira : « Balbo. Un bel alpin, un grand aviateur, un authentique révolutionnaire. Le seul qui aurait été capable de me tuer. » Benito Mussolini

Galeazzo Ciano le 29 juin notera dans son journa l: « Balbo ne méritait pas cette fin, il était exubérant, agité, il aimait la vie sous toutes ses formes. [...] Il n'avait pas voulu la guerre et il s'y était opposé jusqu'à la fin. [...] Le souvenir de Balbo restera longtemps dans l'esprit des Italiens, parce qu'il était, surtout, un Italien avec les grands défauts et les grandes qualités de notre race  » Galeazzo Ciano

 

Publié dans Militaires

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