Louis II de Monaco

Publié le par L'Histoire à la Loupe - LHL - Rodney42

Louis II de MonacoLouis II de Monaco, né le 12 juillet 1870 à Baden-Baden (grand-duché de Bade) et décédé le 9 mai 1949 à Monaco, était le fils du prince régnant Albert Ier et de la princesse Marie, née Lady Mary Victoria Hamilton. Du fait de la séparation du couple princier, Albert Ier ne fit la connaissance de son fils que 10 ans après sa naissance, en 1880 au moment de leur divorce et peu avant le remariage de Lady Mary avec le comte hongrois Festetics Tasziló (1850-1933).

Louis II, surnommé le Prince-Soldat, monte sur le trône de la principauté de Monaco le 26 juin 1922. Avant cette date, il sert dans l'armée française, à la Légion étrangère. Il est nommé au grade de général de division en 1939.

Le comportement du prince Louis II pendant la Seconde Guerre mondiale fut parfois considéré comme germanophile. En intégrant l'armée française en 1944, son petit-fils le futur prince souverain Rainier III de Monaco évita à la famille Grimaldi une accusation de collaboration avec les nazis.

Louis II a enrichi la collection philatélique d'Albert Ier, collection qui est constituée en un musée postal par Rainier III en 1950. Il rencontre, en 1898, dans une ville de garnison algérienne, Marie-Juliette Louvet, fille de modestes paysans du Pays de Caux, qui exerçait le métier de « modèle pour photo d'art » ; une fille naturelle, Charlotte Louise Juliette Louvet naquit le 30 septembre 1898 à Constantine de cette relation, mais son existence n'a été connue que bien plus tard, en 1911.

Louis II n'ayant pas d'enfant légitime, la France s'inquièta que le titre de prince régnant puisse un jour échoir à un cousin allemand, un prince de Wurtemberg, descendant de la princesse Florestine de Monaco duchesse d'Urach. En 1919, Raymond Poincaré, ancien avocat de la famille princière et président du Conseil, convainquit Louis II d'officialiser la filiation de Charlotte car des accords passés entre la principauté et la France prévoyaient qu'en cas de transmission du trône à des Allemands, Monaco perdrait sa souveraineté au profit de la France.

Charlotte fut adoptée par son grand-père Albert Ier, devint princesse de Monaco, titrée Mademoiselle de Valentinois; son portrait par Laszlo de Lombos (1928) est conservé au palais princier de Monaco. Aynard Guigues de Moreton de Chabrillan revendique le trône princier de Monaco en 1925 à la suite de l'adoption officielle de Charlotte Grimaldi (devenue princesse Charlotte de Monaco) puis en 1949 au décès du prince souverain Louis II de Monaco.

C'est la renonciation de Mindaugas II de Lituanie (si tant est qu'elle fut valable pour ses propres descendants) qui auraient fait de lui l'héritier de la Principauté par son arrière-grand-mère la princesse Honorine de Monaco (1784-1879), elle-même petite-fille du prince souverain Honoré III de Monaco (1720-1795). Il faisait valoir qu'une adoption (même doublée d'une filiation naturelle) ne pouvait produire aucun effet en droit successoral dynastique. Cependant, le prince Albert Ier, sur le conseil du parlement monégasque et avec l'accord des autorités françaises (dans le cadre du protectorat), était libre de modifier officiellement, et valablement, les règles de succession au trône monégasque (y inscrivant le droit de succession par adoption), comme son arrière-petit-fils Rainier III le fera par la suite lui aussi.

Louis II tomba ensuite amoureux d'une actrice qui jouait L'Aiglon au théâtre de Monaco : Ghislaine Dommanget, de 30 ans sa cadette; Victor Jeannequin, consul de France à Monaco, note le 12 mai 1942 : « Le prince seul est amoureux. La vieille maîtresse de Louis est impropre à la consommation. Voici donc plusieurs années que le prince Louis cherche ailleurs de la chair fraîche que réclame son appétit sénile, l'âge et le whisky aidant ». Il s'inquiète aussi de l'aspect financier, pour le prince, qui « jusqu'à présent, s'en tirait par de petites spéculations financières plus ou moins propres mais suffisantes pour parer à un train de vie plutôt moyen. Qu'adviendra-t-il quand les jolies dents de Ghislaine, auront, plus largement encore, mordu sur la cassette personnelle (...) ? ».

Il l'épousa en 1946. Après la mort du prince qui survint trois ans plus tard, Ghislaine Dommanget, naturalisée monégasque, perdit son procès contre les Grimaldi qui l'accusaient de dilapider la fortune du prince. Elle ne lui avait pas donné d’enfants, et mourut en 1991 à Paris.

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