Kammler Hans

Publié le par Mémoires de Guerre

Le Dr Ing. Hans Friedrich Karl Franz Kammler (26 août 1901 – mai 1945 ?) est un ingénieur civil, administrateur et général allemand des SS ayant atteint le grade de SS-Obergruppenführer. Il fut notamment responsable du programme des missiles V2, vers la fin de la guerre. Les circonstances de sa mort restent nébuleuses et contradictoires. 

Kammler Hans
Kammler Hans

Un jeune ingénieur

Kammler naît à Stettin, en Allemagne (maintenant Szczecin, Pologne).

Durant la Première Guerre mondiale

Il fait son service militaire obligatoire de 1917 à 1919 dans le corps franc Rossbach, une unité d'ingénieurs mobile. Il n'a pas été confronté aux combats et son unité est démobilisée en 1919 à la suite du traité de Versailles.

Entre-deux-guerres

Entre 1919 et 1923, il étudie l'ingénierie civile à l'université de Munich et fait un stage à Danzig. Il obtient son doctorat en 1929. Kammler rejoint le parti nazi le 1er mars 1932 à la suite d'un discours d'Hitler. Lorsque les nazis parviennent au pouvoir en 1933, il occupe plusieurs fonctions administratives dont celle de chef au ministère du département de l'aviation, lui permettant de gravir les échelons rapidement. 

Seconde Guerre mondiale

industriel SS

En 1943, il participe à la mise en place du programme destiné à la mise en production des fusées V1 et V2; il est ainsi nommé du Conseil d'administration de la société Mittelwerke GmbH, chargée de la construction de ces armes nouvelles. De plus, à partir du printemps 1944, il participe à la mise en œuvre du Jägerstab, désignant à la fois un programme de production aéronautique destiné au renforcement des moyens aériens du Reich et le bureau chargé de sa mise en œuvre.

Responsable de la construction de la SS

Directeur du bureau chargé de la construction au sein de l'institut économique de la SS, il remet en décembre 1941 à ses supérieurs une planification pour la reconstruction des territoires conquis, une fois la guerre finie. Personnalité importante du bureau économique de la SS, il dirige le bureau C du WVHA, l'office économique de la SS : il coordonne ainsi l'activité de 56 officiers et 210 sous-officiers, tous membres de la SS. Il prend ainsi en charge la construction des camps de concentration et d'extermination à partir du mois de septembre 1941, à la suite d'une réunion avec Himmler. Responsable de la construction au sein de l'office économique de la SS, il organise des brigades, constituées de deux régiments chacune, pour la maîtrise d'ouvrage des bâtiments de la SS. Ces brigades sont destinées à ériger les bâtiments : en leur sein, il envisage une spécialisation, la divisant en trois équipes, chargées d'un aspect de la construction : les fondations, la construction proprement dite et les équipements. L'aspect pharaonique des projets de construction de la SS le pousse à faire appel à de la main d’œuvre carcérale pour en compléter les effectifs, avec l'accord de Himmler.

Ayant visité le camp en février 1942, Kammler détermine la place du crématorium de Birkenau. Il coordonne ainsi les travaux de construction d'Auschwitz, puis de Birkenau, participant à l'élaboration du cahier des charges pour la mise en place des chambres à gaz, notamment par ses objections techniques. Membre du Conseil d'administration de la société Mittelwerke, il coordonne la construction des tunnels de Dora-Mittelbau, faisant respecter des cadences infernales, responsables de la mort de nombreux détenus. Cependant, cette autorité est rapidement remise en cause, dès sa nomination, par d'autres proches de Himmler. Ainsi, responsable de la construction, il doit s'imposer face aux responsables locaux de la SS, notamment dans la district de Lublin, confié à Odilo Globocnik ; il est ainsi écarté de la construction des points d'appui SS dans la région, mais conserve le contrôle de la construction du camp d'extermination de Majdanek ; puis il parvient à s'immiscer dans la gestion du district, en mettant en place un office de la construction compétent dans le district de Lublin. 

Acteur de la mise en œuvre des projets orientaux

Au tournant de l'année 1941, son service nouvellement créé devient un acteur essentiel de la planification coloniale dans l'Est de l'Europe. Ainsi, entre le 10 février 1942 et le mois de juillet 1943, il propose divers mémorandum en vue de la reconstruction de l'Europe de l'Est. Au cours de cette période, il travaille en collaboration avec Konrad Meyer-Hetling envoyant , avec qui il entretient alors des relations cordiales : celui-ci lui adresse fréquemment ses chiffrages afin que Kammler les précise. Cette collaboration contribue à modifier l'approche des plans de réorganisation de l'Est de l'Europe : Kammler lui donne une forte dimension technocratique. 

Sa mort

C’est le 3 avril 1945 que Kammler rendit visite à Hitler pour la dernière fois et manifestement il était optimiste. « Kammler fait du très bon travail et permet de grands espoirs. » (Goebbels, journal intime, 4 avril 1945). Alors que Kammler portait encore beau dans le bunker du Führer, le 13 avril il révéla à Speer ses plans pour l’avenir. La guerre était perdue, et mieux valait partir maintenant. Il voulait entrer en contact avec les Alliés et leur proposer les dernières technologies d’armement en échange de sa liberté personnelle. Après le 23 avril 1945, Kammler se rendit d’abord à Ebensee en Autriche, où il tint une réunion avec les dirigeants SS, puis le matin du 4 mai à Prague. Au journaliste Gunter d’Alquen, Kammler prophétisa : « nous allons encore vivre quelque chose à Prague »] Le soir du 4 mai commença le Soulèvement de la ville, occupée lee 9 mai 1945 par l’Armée rouge.

Kammler se suicida le soir du 9 mai 1945, selon les déclarations de son officier d’ordonnance Zeuner et de son chauffeur Preuk, ce qui apparut clairement au cours du procès contre les subordonnés de Kammler ouvert à Arnsberg le 9 décembre 1957 et concernant le massacre de travailleurs forcés dans la forêt d’Arnsberg commis par son unité du 20 au 22 mars 1945. Selon la décision du tribunal régional Kammler, accompagné de son officier d’ordonnance et d’un chauffeur, se trouvait à Prague au début du mois de mai 1945 et fut témoin du soulèvement de la ville et de la capitulation des troupes allemandes. Il est également signalé que Kammler s’enfuit de Prague à bord de deux voitures le 9 mai. Après avoir déjà dit les jours précédents qu’il ne voyait plus quoi faire, il s’arrêta au sud de Prague dans un endroit boisé. Il demanda à ses compagnons de se rendre en Allemagne et s’enfonça dans la forêt. 

Peu de temps après, il y fut retrouvé mort par son officier d’ordonnance, le SS-Untersturmführer Zeuner et son chauffeur Preuk. Manifestement il s’était suicidé à l’aide de cyanure. Dans le livre Vier Prinzen zu Schaumburg-Lippe, Kammler und von Behr cite une lettre adressée à Jutta Kammler par le témoin Ingeborg Alix Prinzessin zu Schaumburg-Lippe (1901-1996), qui dirigeait alors les auxiliaires féminines SS, on peut lire les derniers jours de Kammler et sa fuite de Prague, ainsi que son intention de se suicider pour ne pas être pris. Elle aussi a confirmé dans la lettre le suicide. Par ordonnance du tribunal d’instance de Berlin-Charlottenburg du 7 septembre 1948, la mort de Hans Kammler avait déjà été constatée légalement et le moment de son décès fixé au le 9 mai 1945, à la demande de Jutta Kammler sa veuve. La décision verdict se fondait sur les déclarations de Kurt Preuk, l’ancien chauffeur de Kammler, et de Heinz Zeuner, son officier d’ordonnance. 

Distinctions

Grades
Médailles
  • Croix du chevalier -1945 (Simultanément avec la première classe)
  • Croix de fer première classe - 1945
  • Croix de fer deuxième classe - 1944
  • Croix allemande en or - 1944
  • Croix du mérite de guerre (chevalier avec épées)- 1943
  • Croix du mérite de guerre de première classe avec des épées- 1942
  • SS-Ehrenring
  • Médaille commémorative de l'occupation des Sudètes - 1939
  • Médaille de la croix rouge allemande 1re classe- inconnu
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