Kluge Hans Günther von

Publié le par Roger Cousin

Hans Günther von Kluge (né le 30 octobre 1882 à Poznań et décédé le 18 août 1944), fut un militaire allemand. 

Kluge Hans Günther von

Il servit dans l'artillerie de campagne pendant la Première Guerre mondiale puis demeura dans l'armée et, en 1933, avait atteint le rang de "Generalmajor" (Général de brigade). L'année suivante, il était placé en charge du Wehrkreis VI en Westphalie. En février 1938, Kluge, comme la plupart de ses collègues qui ont fait objection à la politique étrangère agressive vis-à-vis de la Tchécoslovaquie, est limogé. Il est cependant rapidement rappelé, et nommé chef du Gruppenkommando 6 le 1er décembre 1938, avec le grade de "General der Artillerie". Il participe alors à la tête de ce corps à l'invasion des Sudètes ! En septembre 1939, il commande la IVe armée durant l'invasion de la Pologne et joue un rôle important dans les combats du corridor de Dantzig, puis ceux de la Vistule. C'est ensuite la bataille de France qui amène ses troupes de la Belgique au sud-ouest de la France. Ses qualités, sa grande intelligence, son énergie et son professionnalisme l'ont fait remarquer par Hitler, qui l'inclut dans la promotion des 12 Generalfeldmarschallen du 19 juillet 1940.

Pendant l'invasion de l'Union Soviétique, sa IVe armée, forte de 13 divisions, prend Smolensk en juillet 1941, puis est envoyée en Ukraine. Trois mois plus tard, elle reçoit l'ordre d'attaquer Moscou, mais est finalement bloquée. Kluge remplace Fedor von Bock, malade, à la tête de l'armée Centre à la fin 1941. Sa réputation est alors celle d'un stratège et d'un chef énergique, mais aussi d'un homme impulsif et de caractère difficile. Ainsi, après d'être opposé au Generaloberst Erich Hoepner à qui il reproche son inactivité devant Moscou, ce qui vaut à ce dernier d'être purement et simplement congédié par Hitler, il se retourne contre Heinz Guderian qui subit le même sort en se faisant retirer le commandement de la deuxième armée blindée (Panzer). En suivra une inimitié totale et durable entre les deux hommes, inimitié qui trouvera son épilogue deux années et demi plus tard, en pleine tourmente de Normandie.

Après avoir été à la tête de son groupe d'armée pendant près de deux années (un record de longévité pour un commandement de cette importance) et mené celui-ci lors de la bataille de Koursk, Kluge, qui rentrait d'une permission passée à Berlin, est sérieusement blessé à la mi-octobre 1943 quand sa voiture se retourne sur la route reliant Orscha à Minsk. Renvoyé en convalescence dans sa famille, il est remplacé le 27 octobre 1943, par le Generalfeldmarschall Ernst Busch et ne reprendra un service actif qu'au début juillet 1944 en remplaçant à son tour le Generalfeldmarschall von Rundstedt comme commandement en chef à l'ouest et chef du groupe d'armées D.

Sollicité depuis plusieurs années par les opposants à Hitler (Henning von Tresckow, Ludwig BeckCarl Friedrich GoerdelerFriedrich Olbricht) avec qui il entretenait des liens d'amitiés, il se fait complice de ceux-ci à l'issue de l'attentat du 20 juillet 1944 en relayant trop vite l'annonce de la mort du Führer. Soupçonné par la Gestapo et fort des informations que lui aurait communiquées Guderian, devenu entre temps chef d'état-major de l'armée de terre, Hitler ordonne une enquête qui cependant n'aboutit pas. Von Kluge conserve son commandement pour quelques semaines encore, semaines durant lesquelles il se montre incapable de mener à bien la contre offensive d'Avranches et d'enrayer l'encerclement des forces allemandes autour de Falaise qui la suit.

À la suite d'un incident qui l'isole de son état-major pendant plusieurs heures le 15 août 1944, Hitler prend prétexte de ce qu'il soupçonne comme une tentative de passer à l'ennemi, pour le relever de ses fonctions et le remplacer par le Generalfeldmarschall Walter Model, ce dernier l'invitant dès son arrivée en France à rejoindre immédiatement Berlin pour s'expliquer devant Hitler. Augurant d'une arrestation, Hans Günther von Kluge préfère le suicide au déshonneur et s'empoisonne vers Metz le 18 août 1944 alors que sa voiture roule vers l'Allemagne. Hitler lui refusera les honneurs militaires lors de ses funérailles, honneurs qu'il accordera à Erwin Rommel après avoir contraint celui-ci quelques semaines plus tard au suicide !

Promotions

  • Leutnant – 22 mars 1901
  • Oberleutnant – 16 juin 1910
  • Hauptmann – 2 août 1914
  • Major – 1er avril 1923
  • Oberstleutnant – 1er juillet 1927
  • Oberst – 1er février 1930
  • Generalmajor – 1er février 1933
  • Generalleutnant – 1er avril 1934
  • General der Artillerie – 1er août 1936
  • Generaloberst – 1er octobre 1939
  • Generalfeldmarschall – 19 juillet 1940

Décorations

  • Croix de fer (1914), 2e Classe, 1re Classe
  • Croix de chevalier de l'Ordre de Hohenzollern avec Glaives
  • Ordre du Mérite militaire de Bavière 4e Classe avec Glaives
  • Croix du Mérite militaire de Mecklenburg-Schwerin 2e Classe
  • Verdienstmedaille für Rettung aus Gefahr
  • Ordre de la Couronne de fer 3e Classe avec décoration de guerre
  • Croix du Mérite militaire d'Autriche 3e Classe avec décoration de guerre
  • Insigne des blessés (1918), en Noir
  • Croix d'honneur
  • Médaille de l'Anschluss
  • Médaille des Sudètes
  • Agrafe de la Croix de fer (1939), 2e Classe (5 septembre 1939), 1re Classe (17 septembre 1939)
  • Médaille du Front de l'Est
  • Croix de chevalier de la Croix de fer avec feuilles de chêne et glaives
  • Croix de chevalier de la Croix de fer le 30 septembre 1939 en tant que General der Artillerie et commandant en chef de la 4. Armee8
  • 181e feuilles de chêne le 18 janvier 1943 en tant que Generalfeldmarschall et commandant en chef de la Heeresgruppe Mitte8
  • 40e glaives le 29 octobre 1943 en tant que Generalfeldmarschall et commandant en chef de la Heeresgruppe Mitte8
  • Mentionné 4 fois dans la revue Wehrmachtbericht (7 août 1941, 18 octobre 1941, 19 octobre 1941, 3 septembre 1943)

 

Publié dans Militaires

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