Le Pacha

Publié le par Georges Lautner

Le Pacha est un film franco-italien réalisé par Georges Lautner, sorti en 1968. L'inspecteur de police Albert Gouvion est chargé de convoyer une importante collection de bijoux d'une valeur inestimable. Mais un dangereux truand, Marcel Lurat, dit Quinquin et ses complices font sauter le fourgon blindé au bazooka avant de s'emparer du butin. Ce dernier va même jusqu'à tuer ses complices, ainsi que Gouvion, dont le meurtre a été maquillé en accident. Le commissaire divisionnaire Louis Joss, supérieur et ami de Gouvion, ne croit pas à la thèse de l'accident et veut le venger. Il entreprend également le ménage dans le milieu parisien, en organisant la rencontre de deux bandes rivales (dont l'une est dirigée par Quinquin) à l'occasion d'un braquage avec l'aide de la maîtresse de Gouvion, Nathalie, jeune et belle serveuse dans une boîte de nuit dont le frère a été tué par Quinquin (car il était l'un de ses complices dans l'affaire du braquage de la camionnette blindée du début du film) et réalise que son vieil ami, qui avait le don de s'attirer les ennuis, s'est mêlé par faiblesse au milieu des gangsters à cause de cette dernière.

Le Pacha marque l'unique collaboration entre Jean Gabin et Georges Lautner. En 1963, Gabin était pressenti pour tourner dans Les Tontons flingueurs, réalisé par Lautner. L'acteur voulait imposer son équipe de techniciens pour le film, ce que Lautner refusa, car il ne travaillait qu'avec l'équipe de ses débuts. Finalement, le rôle fut attribué à Lino Ventura. Le film marque la réconciliation entre Gabin et le dialoguiste Michel Audiard, après une brouille. Le tournage s'est déroulé : Oise à La sucrerie de Beaurain, Duvy, à Balagny sur Aunette, commune de Chamant, Val-de-Marne dans les studios de Saint-Maurice. Hauts-de-Seine. Paris, Aube, Haute Marne à Chaumont (la gare et son viaduc).

À noter, les apparitions de Serge Sauvion, l'acteur doublant Peter Falk dans la version française de la série policière Columbo dans le rôle de l'inspecteur René, ainsi que celles du chanteur Serge Gainsbourg (lui-même), du cascadeur Rémy Julienne (un motard), du journaliste Léon Zitrone (le commentateur hippique) et de Véronique de Villèle (de Véronique et Davina, Gym Tonic) dans la boite "Le Hippie's", au bar, quand le commissaire Joss (Jean Gabin) demande Nathalie Villars à la barmaid.

Une fois le montage bouclé, le film est présenté le 5 mars 1968 à la commission de censure, qui est ulcérée par la violence du film : non seulement par le fait que le personnage d'André Pousse, Marcel Lurat, dit « Quinquin », tue ses complices, mais aussi parce que le personnage de Gabin, Louis Joss, dit « le Pacha », un commissaire divisionnaire, tabasse un suspect dans un bistrot et tue, sans sommation, Lurat. Pour la commission, il est impossible de montrer dans les salles de cinéma une telle vision de la police, mais Lautner ne se laisse pas démonter pour autant et se lance dans des discussions très poussées avec les producteurs et les censeurs pour soutenir son film. N'ayant pas obtenu gain de cause, il va organiser des rencontres radiophoniques faisant venir des jeunes qui racontent comment ils ont été maltraités par la police lors des interrogatoires. Au terme de cet affrontement, la censure va accepter de laisser passer un seul et unique coup de poing et de laisser la fin telle qu'elle est. Satisfait, Lautner révise le montage de son film en supprimant deux coups de poing de Gabin (les deux derniers qui envoient le suspect s'effondrer en sang à travers une vitre, la séquence est néanmoins visible dans la bande annonce de l'époque). Sur l'affiche promotionnelle du film, il est affiché « Interdit aux moins de 18 ans ».

De plus, la censure s'attaquera à la chanson de Serge Gainsbourg, Requiem pour un con, en raison de sa vulgarité. Elle sera interdite de diffusion sur les ondes radiophoniques. Cette chanson bénéficiera d'une version remixée en 1991, ponctuée d'électro-funcky et des ricanements de Serge Gainsbourg. Elle sortira le lendemain de sa mort et sera largement diffusée en radio, en guise d'hommage. A la 17e minute, dans la scène du commissariat, on peut apercevoir, parmi les photos des criminels de l'attaque du fourgon, les photos de Michel Audiard (cinquième photo en haut du mur de droite) et Georges Lautner (première photo de la seconde rangée de photos en bas à gauche); durant la 9e minute, le véhicule (un Renault Galion) visé par un lance-roquette ne possède pas la même plaque d'immatriculation durant un passage (573 LJ 45, Loiret) qu'une fois touché (573 LJ 75, Paris); lorsque Quinquin tue Léon, un de ses complices et frère de Nathalie, il tire à travers la portière de la voiture conduite par Léon. Ensuite, lorsqu'il pousse cette voiture (une Simca Beaulieu) dans un lac gelé, on voit clairement que la portière de la voiture est intacte et également qu'elle n'a pas de moteur.

le train comportant le fourgon postal est tracté par une CC72000 (vue sur le viaduc de Chaumont), ce même train en arrivée en gare de Troyes est tracté par une BB67000 ; dans la bande-annonce diffusée à l'époque dans les salles de cinéma, une scène y figure et qui a été coupée: lorsque Joss (J. Gabin) arrive dans la boîte de nuit, un des danseurs hippies le décoiffe d'un geste maladroit. Scène disparue dans le film. Neuf ans après Le Pacha, Audiard et Lautner adapteront au cinéma un autre roman de Laborde : Mort d'un pourri. Dans la scène du cabaret "hippies" , la photo derrière la chanteuse est une affiche de cinéma ... Un taxi pour tobrouk , avec Lino Ventura , Charles Aznavour , Maurice Biraud et German Cobos.

Le Pacha de Georges LautnerLe Pacha de Georges Lautner

Le Pacha de Georges Lautner

Fiche technique

  • Titre : Le Pacha
  • Réalisation : Georges Lautner
  • Scénario : Michel Audiard, Georges Lautner et Albert Simonin, d'après le roman de Jean Delion: "Pouce"
  • Dialogues : Michel Audiard
  • Assistants réalisateur : François Audiard, Robin Davis, Paul Nuyttens, Alain Pacchiotti, Yves Rivard, Claude Vital
  • Production : Gafer, Gaumont International, Rizzoli Films (Rome)
  • Chef de production : Robert Sussfeld, Armand Tabuteau
  • Directeur de production : Roger De Broin
  • Producteur délégué : Alain Poiré
  • Secrétaire de production : Christian Gallo
  • Secrétaire d'édition : Annie Maurel
  • Musique : Serge Gainsbourg, dont la chanson Requiem pour un con avec Michel Colombier
  • Images : Maurice Fellous
  • Opérateur : Yves Rodallec et Alain Boisnard, pour la seconde équipe, assistés de Roland Dantigny et André Marquette
  • Son : Jean Rieul
  • Montage : Michelle David, assistée de Monique André et Mireille Joly
  • Décors : Jean d'Eaubonne, assisté de Raymond Gabutti
  • Coiffures : Alex Archambault
  • Maquillage : Monique Archambault
  • Chorégraphie : Rita Renoir
  • Effets spéciaux : Jacques Martin, Pierre Roudex
  • Cascades : Rémy Julienne
  • Maître d'armes : Henri Cogan
  • Pays d'origine : France, Italie
  • Langue : français
  • Tournage : décembre 1967 - février 1968
  • Box-office France : 2 050 211 entrées
  • Distribution : Gaumont
  • Format : Couleurs - 1,66:1 - Mono - 35 mm
  • Genre : Policier
  • Durée : 82 minutes
  • Date de sortie : 14 mars 1968 (France)

Distribution

  • Jean Gabin : le Commissaire divisionnaire Louis Joss, dit le Pacha
  • Dany Carrel : Nathalie Villars, la sœur de Léon, serveuse au "Hippie's"
  • Jean Gaven : Marc, un inspecteur
  • André Pousse : Marcel Lurat, dit « Quinquin », le tueur
  • Louis Arbessier : le directeur de chez Boucheron
  • Gérard Buhr : Arsène « le serrurier » un complice de Quinquin
  • Robert Dalban : l'inspecteur Albert Gouvion, amant de Nathalie
  • Maurice Garrel : Léon Brunet, le receleur
  • Pierre Koulak : Abdel Schmil dit "Le Coréen"
  • Pierre Leproux : Druber, le gardien de la bijouterie
  • Frédéric de Pasquale : Alfred, un inspecteur
  • André Weber : Émile Vergnes, dit « Le Gênois », guitariste et malfrat
  • Yves Arcanel : un inspecteur de la Police Judiciaire
  • Maurice Auzel : un homme de la bande à Émile
  • Yves Barsacq : le médecin légiste
  • Félix Marten : Ernest, un petit malfrat
  • Noëlle Adam : Violette, une serveuse au "Hippie's"
  • Marianne Comtell : Odile, une serveuse au "Hippie's"
  • Germaine Delbat : Madame Druber
  • Dominique Zardi : Horst Weiss, un homme de Quinquin, dit Horst de Hambourg
  • Louis Seigner : Paul, le directeur de la police et ami de Joss
  • Henri Déus : Léon Villars, le frère de Nathalie, dit « Léon de Lyon »
  • Carmen Aul : une strip-teaseuse
  • Rita Réaumur : une strip-teaseuse
  • Béatrice Delfe : une auxiliaire de police
  • Serge Sauvion : l'inspecteur René
  • Michel Charrel : un consommateur chez Marcel
  • Christian Bertola : Donadieu
  • Pascal Fardoulis : un de la bande d'Emile
  • Hervé Jolly : un de la bande d'Emile
  • Jean Luisi : un de la bande d'Emile
  • Georges Ranga : un de la bande d'Emile
  • Pippo Merisi : un de la bande d'Emile
  • Henri Attal : un de la bande d'Emile
  • Michel Carnoy : Malevin
  • Henri Cogan : Riton
  • Michel Duplaix : un inspecteur de la P.J.
  • Raoul Saint-Yves : le chef de gare de Troyes
  • Philippe Valauris : un inspecteur de la P.J.
  • Léon Zitrone : dans son propre rôle
  • Serge Gainsbourg : dans son propre rôle
  • Henri Gourdan : un dessinateur à la P.J.
  • Gérald Bruneau : un hippie
  • Marcel Bernier : le chauffeur de Brunet
  • Jean Martin : un homme de la bande à Quinquin
  • Yves Gabrielli : un homme de la bande à Quinquin
  • Adrien Cayla-Legrand : un policier à l'enterrement
  • Jean Sylvere : l'officier de police Marquet
  • Rémy Julienne : un motard
  • Claude Orengo : figuration
  • Bernard Garret
  • Pontel

Publié dans Films

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