Albertini Georges

Publié le par Roger Cousin

Georges Albertini, (1911 - 30 mars 1983), homme politique d'extrême droite, collaborateur et militant anticommuniste français. 

Albertini Georges

Il est professeur et militant de la SFIO avant guerre. Munichois, il s'oppose à ce sujet au futur chef résistant Pierre Brossolette. Durant les années 1930, il collabore à la revue les Nouveaux cahiers dès 1937 où l'on tente de remédier à la crise par un rapprochement du patronat et des syndicats ouvriers en augmentante le rôle de l'élite technicienne et en mettant sur pied une politique pour favoriser les rapports économiques franco-allemands. Il fut également secrétaire des Jeunesses socialistes. Il est le second de Marcel Déat (secrétaire administratif) et organisateur du RNP (Rassemblement national populaire), acquis à la collaboration avec l'Allemagne nazie pendant l'Occupation. Il s’illustre notamment par son zèle de sergent recruteur contre la Résistance. Également par un anticommunisme et un antisémitisme particulièrement violents. Deux haines pour lui indissociables, comme le confirme le titre d’un de ses éditoriaux à « National populaire » en juin 1942 : « Le communisme, entreprise juive »...

Il est arrêté et torturé à la libération. Son épouse, sans activité politique, est également arrêtée et torturée et leur enfant en bas âge meurt faute de soins. A son procès, il avait expliqué qu'il n'avait fait que suivre la voie tracée par Philippe Pétain et qu'il n'avait commis qu'une erreur de jugement, certes " infiniment lourde ", en croyant que l'Allemagne gagnerait la guerre. Bien que reconnu coupable d'intelligence avec l'ennemi, il avait sauvé sa tête, à la différence de collaborateurs moins éminents que lui, au bénéfice des circonstances atténuantes. Il ne devait passer en prison que quatre des cinq années de sa condamnation. En février 1948, une grâce présidentielle lui permet de sortir de prison. Le réseau d'amitiés et d'intérêts noué avant, pendant et après la guerre par Georges Albertini lui a permis non seulement de survivre, mais d'exercer longtemps son influence. Il entre à la banque Worms, comme « conseiller » à la direction générale. Simultanément, il monte une entreprise de « documentation politique », axée sur la lutte contre le communisme. Rapidement, l’activité du centre se diversifie, en particulier avec la sortie de la revue « Est-Ouest ».

Elle s’étend à l’Amérique du Sud (création en 1961 de la revue « Este y Oeste »), à l’Italie (avec « Documenti sul communismo ») et plusieurs pays d’Afrique. Il se reconvertit à la propagande anticommuniste pendant la guerre froide et devient un conseiller influent sous la IVe et Ve République. Dans sa croisade contre le communisme, il fut servi par le mélange de peur et d'aveuglement qui régnait pendant la guerre froide, peur de la menace soviétique, d'un côté, aveuglement de ceux qui refusaient de voir les errements du système stalinien, de l'autre. Avec le soutien, financier notamment, des réseaux de la droite, et grâce à la réceptivité qu'il trouvait auprès des diverses sensibilités anticommunistes, il parvint à tisser sa toile. Sa technique policière de documentation, sa propension à démasquer le dessous des choses ou à dénoncer l'ennemi intérieur (par exemple, le Monde présenté, dans les années 1950, comme un agent du Kremlin !) convenaient au climat de l'époque.

Il devient également un conseiller très écouté de Georges Pompidou alors premier ministre de De Gaulle et, lorsque Pompidou sera élu président de la république, Albertini conserve encore un grande influence sur ses deux conseillers, Marie-France Garaud et Pierre Juillet. Il collabore également avec ces derniers lorsqu'ils sont dans l'entourage de Jacques Chirac. Le monde politique sollicite ses conseils, jusqu'en 1981. Les grands patrons subventionnent ses activités. Il fut également le mentor des jeunes Alain Madelin, Gérard Longuet et Alain Robert.

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