Coëdel Lucien

Publié le par Mémoires de Guerre

Lucien Coëdel était un acteur français, né à Paris le 30 août 1899, et mort à Blaisy-Haut le 28 septembre 1947. Epoux de Lolita de Silva (1911-2004). 

Coëdel Lucien
Coëdel Lucien

Carrière

Issu d’un milieu modeste, il entre tout jeune à l’usine puis il devient employé chez un courtier en assurances avant de prendre des cours d’art dramatique auprès de Fernand Ledoux. Il est déjà un comédien accompli, même si la notoriété reste à venir, lorsqu’il commence à faire du cinéma au milieu des années trente mais il doit souvent se contenter de rôles de figuration notamment dans des films maritimes. Lucien Coëdel joue un radio tandis qu’on aperçoit Habib Benglia en matelot dans «Nitchevo» (1936) de Jacques de Baroncelli. Il est promu maître d’équipage dans le film de Robert Siodmak, avec Gabrielle Dorziat, Harry Baur et Robert Lynen qui constituent les membres de la famille «Mollenard» (1938) et Jean Grémillon le fait matelot, tout comme Alain Cuny, dans «Remorques» (1939).

Après l’armistice de juin quarante et l’occupation d’une partie de la France, Lucien Coëdel est figurant dans le premier film français produit sous l’occupation par la firme allemande la Continental-Films: «L’assassinat du Père Noël» (1941) de Christian-Jaque avec Harry Baur, Fernand Ledoux et Robert Le Vigan. Il participe encore à onze autres films jusqu’à la libération en interprétant des rôles toujours secondaires comme par exemple: le patron du «Boxing bar» où se réunissent la fille d’un avocat alcoolique joué par Raimu et ses amis dont Marcel Mouloudji, dans le film de Henri Decoin «Les inconnus dans la maison» (1942); et le Chourineur, truand notoire du feuilleton de Eugène Sue, «Les mystères de Paris», paru cent ans plus tôt dans «Le journal des débats» et dont c’est déjà la huitième adaptation au cinéma en 1943.

Après la guerre, Lucien Coëdel a enfin son premier grand rôle, un agent double au service de la France dans «Peloton d’exécution» (1945) de André Berthomieu, d’après le roman et scénario de Pierre Nord. L’acteur enchaîne avec deux films de André Cayatte sur le thème de l’erreur judiciaire: «Roger la honte» (1945) et «La revanche de Roger la honte», tiré du roman de Jules Mary. Il succède ainsi à Constant Rémy (1933) et à Gabriel Signoret (1922) tandis que l’Espagnol José Buchs a déjà tourné en 1921 une version intitulée «Víctima del odio» avec Florián Rey. Lucien Coëdel est encore en tête d’affiche mais cette fois comme policier dans «Contre-enquête» (1946) de Jean Faurez avec Jany Holt, et «Un flic» (1947) de Maurice de Canonge avec Suzy Carrier. Et même dans «La chartreuse de Parme» (1947) avec Gérard Philipe et Renée Faure il est le chef de la police. Puis il se transforme en dompteur de cirque amoureux de Ginette Leclerc, «La belle garce» (1947) de Jacques Daroy.

Décès

Le 28 septembre 1947, Lucien Coëdel termine les prises des extérieurs du film «La Carcasse et le Tord-Cou» sous la direction de René Chanas. Il décide de rentrer sur Paris en compagnie de son épouse, Lolita de Silva. Louis Seigner les accompagne. Tous trois prennent le train à Morez dans le Jura, pour regagner la capitale. Au milieu de la nuit, Lucien se lève pour se rendre aux toilettes. Chose somme toute, bien naturelle… Louis Seigner ne se rendort pas et trouve au bout d’un moment que son ami tarde à revenir. Il décide de partir à sa recherche, ne le trouve pas et découvre, grande ouverte, la porte donnant sur la voie. Il donne l’alerte. 

On retrouvera le corps du comédien, fracassé, sur la voie, au niveau de Blaysy-Haut. L’hypothèse de l’accident sera retenue. Henri Crémieux, son grand ami, affreusement peiné, accréditera cette thèse. Il semble qu’un suicide n’ait pu être envisagé, pas plus que l’idée d’un crime crapuleux. Tout ce que l’on peut dire, c’est que cette mort est restée à tout jamais mystérieuse et tragique. À 48 ans, Lucien Coëdel disparaissait et, avec lui, un des seconds rôles les plus sûrs de notre cinéma français. Sa dépouille repose au cimetière de Vanves, ville où il résidait. Que cette page permette à chacun ne pas l’oublier.

Filmographie

Théâtre

  • 1935 : Margot d'Édouard Bourdet, mise en scène Pierre Fresnay, Théâtre Marigny
  • 1937 : Pacifique de Henri-René Lenormand, mise en scène Alice Cocéa, Théâtre des Ambassadeurs
  • 1938 : La Dame de bronze et le Monsieur de cristal de Henri Duvernois, mise en scène Alice Cocéa, Théâtre des Ambassadeurs
  • 1938 : Le Misanthrope de Molière, mise en scène Sylvain Itkine, Théâtre des Ambassadeurs
  • 1942 : Mademoiselle de Panama de Marcel Achard, mise en scène Marcel Herrand, Théâtre des Mathurins

Publié dans Acteurs et Actrices

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